Ecrire

Bien sûr
Mais quoi

La vie
Les sensations
Les émotions
Le temps qui passe
Et qu’ainsi l’on croit
Distraire
De sa marche inexorable

Et comment
Comment canaliser
Dompter
Décrire
Ce bouillonnement
Ces flots
Qui montent et claquent
Aux parois de verre opaque
Et dur qui séparent
Les mots
Des sensations

Écrire
Décrire
Décrire pour conserver
Écrire pour dépasser

L’horloge solitaire
Dans le silence feutré
De cet après-midi
D’automne
Prolonge
Le temps suspendu
A la douceur de la brise

La chaleur fragile
D’un soleil fatigué
D’une année de brillance
Irradie ton cœur triste
Et las de sa souffrance

La solitude
Immense
Alourdit
Ton fardeau
Mais tu existes
Et tu existeras
Aussi longtemps
Que de ton rêve
Tu ne seras pas
Arraché

Va
Vogue
Et brave la tempête
Ton bateau ivre
Avance
Et flotte ou coule
Mais ne reste pas là
En rade
De ta naissance

 

Tu n’as pour toi
Que le courage
De ta coque de bois tendre
 

Tu n’as pour être
Que ton mouvement

Qui t’arrête
Te dissout
Dans la brume
Du temps

Prolonge
Ton errance

GDB 15.11.81 La Mine

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